Les forêts sont essentielles, tant pour la santé de notre planète que pour les moyens de subsistance de millions de personnes. Pourtant, jusqu’à 90 % de la déforestation mondiale est imputable à l’expansion des terres agricoles, alors même que les produits agricoles, comme le café, constituent une source de revenus indispensable pour de nombreuses communautés rurales vivant souvent dans une extrême pauvreté.
Au Burundi, le café est la principale culture d’exportation du pays. Il représente près de la moitié des recettes nationales d’exportation et des revenus en devises, tout en assurant les moyens de subsistance de millions de petits exploitants agricoles. Trouver un équilibre entre la protection des forêts et la résilience économique constitue dès lors une priorité à la fois environnementale et de développement.
À travers le projet Sustainable Agriculture for Forest Ecosystems (SAFE) au Burundi, financé par l’Union européenne (UE), le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et le ministère néerlandais des Affaires étrangères (BZ), et mis en œuvre dans le cadre de l’Initiative Team Europe Initiative sur les Chaînes de Valeur sans Déforestation, la GIZ collabore avec les acteurs de la chaîne de valeur du café et les petits producteurs afin de promouvoir des pratiques de production durables, d’améliorer les moyens de subsistance et de protéger les écosystèmes forestiers, conformément au Règlement de l’Union européenne sur la déforestation (EUDR).
En partenariat avec Kahawatu Burundi ASBL, le projet accompagne plus de 2 000 caféiculteurs dans l’adoption de pratiques agroforestières durables, tout en contribuant à l’amélioration de la productivité. Des formations pratiques sur le terrain permettent de démontrer les bonnes pratiques agricoles, notamment la conservation des sols, l’utilisation appropriée de la chaux, des engrais organiques et minéraux, l’entretien des caféiers ainsi que l’agroforesterie.
Le projet apporte également son appui au Consortium des Coopératives des Caféiculteurs (COCOCA). À ce jour, plus de 13 783 caféiculteurs ont été géolocalisés, renforçant ainsi la traçabilité et la préparation à la conformité avec le Règlement européen sur la déforestation (EUDR), tout en améliorant la position des producteurs au sein de la chaîne de valeur. Les membres de COCOCA bénéficient par ailleurs d’un accompagnement pour l’obtention des certifications Fairtrade et Rainforest Alliance.
L’une de ses coopératives membres, DUSANGIRIJAMBO, exploite la station de lavage de Maruri et illustre de manière concrète les bénéfices des certifications durables. Le fait de détenir ces deux labels constitue un atout majeur, attestant de la protection de l’environnement, du respect des droits humains, d’une rémunération équitable des producteurs et de l’alignement avec les standards des marchés responsables. Pour les producteurs de Maruri, ces certifications se traduisent par une plus grande stabilité économique et une meilleure résilience. Lors de la campagne café 2025, la coopérative a perçu une prime de 80 000 000 BIF, permettant aux producteurs de gagner 200 BIF supplémentaires par kilogramme. La coopérative investit également dans des actions au bénéfice de la communauté, telles que l’entretien des routes et des ponts.
Aujourd’hui, plus de 80 % du café de COCOCA est exporté vers l’Europe. En Allemagne, il est commercialisé notamment par WeltPartner eG et Tchibo.
Les chaînes d’approvisionnement durables ne se limitent pas à la conformité réglementaire. Elles visent à protéger les forêts tout en garantissant des moyens de subsistance résilients pour les producteurs, aujourd’hui comme pour les générations futures.
À propos du projet
Le projet SAFE est mis en œuvre au Burundi depuis octobre 2024. Il a pour objectif d’accompagner une transition inclusive et équitable vers une chaîne de valeur du café durable, en particulier au bénéfice des petits exploitants, en développant les pratiques agroécologiques, en réduisant les risques au sein de la chaîne de valeur et en attirant des investissements publics et privés dans des entreprises agroalimentaires durables.
Au niveau local, SAFE dispense des formations aux bonnes pratiques agricoles (BPA), notamment en matière de gestion de la fertilité des sols, de techniques de taille, d’arbres d’ombrage et de cultures associées, ainsi que d’agriculture intelligente face au climat, afin d’accroître la productivité et la qualité du café. Le projet encourage l’intensification des pratiques agroécologiques, telles que l’utilisation d’engrais organiques, de biopesticides et de cultures d’ombrage, et met en place des écoles pratiques d’agriculture ainsi que des parcelles de démonstration. Ces dispositifs favorisent l’apprentissage par la pratique, les échanges de connaissances entre pairs et la sensibilisation aux normes internationales du café et à la conformité avec l’EUDR.